Prochaines conférences de Jacques Henno




Pour plus d'information, cliquez sur le titre de chaque conférence.

vendredi 5 octobre 2018

Savez-vous que vos remboursements de Sécurité Sociale peuvent aider la recherche médicale ?

J'ai publié ce matin dans le quotidien Les Échos une enquête sur les données de santé et les recherches médicales menées avec des algorithmes d'Intelligence Artificielle …

Vous connaissez le Sniiram ? Sans doute pas, mais lui vous connaît ! Le Système national d'information inter-régimes de l'Assurance-maladie est en effet une gigantesque base de données qui collecte tous les remboursements de la Sécurité sociale. Il couvre 99 % de la population française et comprend 20 milliards de lignes de prestations ! Rassurez-vous, votre nom n'y figure pas ; il a été remplacé par un pseudonyme......

Vous pouvez lire la suite de cet article ( « Les données de santé, la mère des batailles  »,  « Cryptage et tatouage pour protéger les données de santé », « La France dispose d'un fichier de données de santé unique au monde ») ainsi que le reste du dossier spécial consacré par Les Échos à l'intelligence artificielle et à la santé sur Lesechos.fr > I.A. > L'intelligence artificielle révolutionne la santé


jeudi 4 octobre 2018

À Perpignan (66), le jeudi 22 novembre 2018, pour parler de « Enfants, pré-ados et ados : quels risques courent-ils sur les réseaux sociaux, Internet, les smartphones, les tablettes ... ? Comment les prévenir ? »

Jeudi 22 novembre 2018, je serai à Perpignan (66) pour donner une conférence destinée aux adultes sur le thème : « Enfants, pré-ados et ados : quels risques courent-ils sur les réseaux sociaux, Internet, les smartphones, les tablettes ... ? Comment les prévenir ? »

À l'invitation de l'association L'Enfant en Majuscule.

18H

IRTS Perpignan, 1 rue Charles Percier, 66000 Perpignan

Réservation souhaitée par téléphone au 04 68 63 14 99 ou par mail :  lenfantenmajuscule66@free.fr

samedi 22 septembre 2018

Deux émissions, auxquelles j'ai participé cette semaine, à réécouter




Comment maîtriser l’utilisation des écrans en famille?https://radionotredame.net/emissions/enquetedesens/19-09-2018/

À Nantes (44), les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 novembre 2018, pour parler du bon usage des nouvelles technologies et des réseaux sociaux

Je serai à Nantes (44), les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 novembre pour intervenir sur le thème du bon usage des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, devant les élèves de CM2, de sixièmes et de troisième, ainsi que, le mardi soir, devant les parents d'élèves, de l'ensemble scolaire Blanche de Castille.

À l'invitation de la direction de cet établissement.

samedi 15 septembre 2018

À Toulouse (31), jeudi 20 septembre 2018, pour parler de « Pourquoi les réseaux sociaux nous fascinent et fascinent nos enfants ? »

Je serai à Toulouse (31), le jeudi 20 septembre 2018, pour deux interventions sur le thème « Pourquoi les réseaux sociaux nous fascinent et fascinent nos enfants ? » devant les salariés des Éditions Milan, dans le cadre d'une journée de conférences intitulée « Cultivons nos réseaux », organisée par la direction de cette entreprise.

samedi 8 septembre 2018

20 minutes pour protéger votre enfant de la pornographie sur Internet

La rentrée est souvent l’occasion, pour les parents, de prendre de bonnes résolutions. Elle est aussi, pour beaucoup d’enfants, le moment où ils se voient offrir leur premier smartphone.

Et si, en cette rentrée, nous prenions 20 minutes pour protéger nos enfants de la pornographie qu’ils peuvent voir sur leur téléphone, leur ordinateur ou leur tablette ?

L’exposition au X est très répandue chez les jeunes et commence de plus en plus tôt. Entre 14 et 17 ans, 18% des garçons consulteraient au moins une fois par semaine des contenus pornographiques, contre 12% des filles (1). Surtout, dans cette tranche d’âge-là, près d’un enfant sur dix (9%) regarderaient ces images une ou plusieurs fois par jour (2). Un dernier indicateur : 62% des jeunes adultes déclarent avoir vu leurs premiers films pornographiques avant 15 ans, dont 11% avant 11 ans (3) !

Les plus jeunes peuvent être traumatisés par ce type de contenus tandis que les garçons plus âgés peuvent prendre ce qu’ils voient dans ces films comme des modèles à atteindre en termes de performances et de pratiques. Ce qui peut influencer négativement sur la construction de leur propres sexualité et sur leurs relations avec les jeunes femmes.
____
(1) étude Ipsos sur les addictions, pour la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel Péri et le Fonds Actions Addictions, mars et avril 2018, http://www.fondapol.org/etude/les-addictions-chez-les-jeunes-14-24-ans-2
(2) idem

vendredi 31 août 2018

À Mâcon, le 25 septembre, pour parler de « Comment faire bon usage des écrans en famille ? »

Je serai le mardi 25 septembre 2018, à Mâcon (71000), pour donner une conférence sur le thème « Comment faire bon usage des écrans en famille ? ».

À l'invitation du Service de l’Action culturelle de la Mairie de Mâcon.

• 19H

• Médiathèque de Mâcon, 23 rue de la République, 71000 Mâcon (entrée côté Saône, quai des Marans)

• Entrée : 2 €. Conditions de gratuité : gratuit pour les mineurs, les détenteurs de la carte J’M délivrée par la Ville de Mâcon, les étudiants sur présentation d’un justificatif, les demandeurs d’emploi sur présentation d’un justificatif Pôle emploi ou attestation RSA.

• Infos : Service de l’Action culturelle - Tél. : 03 85 39 71 47   http://mediatheque.macon.fr/

lundi 23 juillet 2018

À Paris, le mercredi 25 juillet 2018 pour parler de « L’éthique professionnelle à l’heure des nouvelles technologies »

Je serai le mercredi 25 juillet 2018 à Paris pour intervenir, de 9H00 à 12h00, devant les élèves de la filière “auxiliaire de puériculture” de l'’IFSI Saint-Joseph sur le thème « L’éthique professionnelle à l’heure des nouvelles technologies » : 

peut-on prendre en photo un malade et diffuser ensuite ce cliché sur les réseaux sociaux ? 

partager cette photo sur Snapchat constitue-t-il une vraie sécurité ? 

peut-on critiquer des médecins, des infirmières ou des collègues sur les réseaux sociaux ? 

qu'est-ce que l'obligation de réserve ? 

qu'est-ce que le secret professionnel ? 

qu'est-ce que la vie privée et comment est-elle protégée ? 

qu'est-ce que le droit à l'image ? 

qu'est-ce que la diffamation ? 

comment bien paramétrer son profil sur les réseaux sociaux ?

etc.


Cette conférence aura lieu à l'invitation de la direction de cet IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) et sera donc réservée aux étudiants de cet établissement.

mercredi 18 juillet 2018

Écrans et connaissances : quelles valeurs ajoutées ?



RMN-Grand Palais
















Écrans et connaissances : quelles valeurs ajoutées ?

De plus en plus d’établissements me demandent d’intervenir auprès de leurs enseignants pour les aider à engager une réflexion sur l’utilisation du numérique en classe et à la maison

Vendredi 6 juillet, se tenaient, presqu’en même temps, au Grand Palais, à Paris, deux événements, auxquels j’ai eu la chance d’assister : d’abord (photo montage ci-dessus à gauche), une conférence, donnée par une diplômée de l'école du Louvre, sur le thème  « Comment lire une peinture » ; puis (photo ci-dessus légendée RMN-Grand Palais), la visite en avant-première de l’exposition Art# Connexion permettant de « découvrir et expérimenter de nouveaux accès à l’art » à travers la réalité virtuelle ou augmentée, la projection immersive, les écrans tactiles, etc.

D’un côté, l’exposé d’une professionnelle, dotée d’un certain recul par rapport à son environnement, hérité de sa culture, de sa personnalité et de son expérience.

De l’autre, un accès à la connaissance médiatisé par des écrans et, derrière ces écrans, des interfaces et des bases de données, trop souvent focalisées sur les détails d’une œuvre.

D’un côté, une représentation unique, collective, pendant laquelle j’ai pris des notes que je pourrai relire, mais joyeuse, car ponctuée de pointes d’humour et d'improvisations, et enfin personnalisable, car tout auditeur pouvait, à la fin posait, des questions.

De l’autre, une expérience individuelle ou vécue à deux ou trois personnes, rejouable en théorie à l’infini, ludique, interactive en apparence mais, le plus souvent, extrêmement formatée. Impossible de poser une question ouverte à un écran !  Les machines nous imposent des parcours prédéfinis ; nous pouvons parcourir une œuvre, mais notre curiosité est contrainte : les détails sur lesquels nous pouvons obtenir plus d’informations sont peu nombreux et signalés par des repères sur lesquels nous devons cliquer.

Quel est le meilleur “intermédiaire” pour la transmission des connaissances ? Un être humain ou un écran ?

Une question que l’on me pose de plus en plus souvent, le numérique prenant de plus en plus de place dans les établissements d’enseignement français : recherche individuelle sur Internet, QCM en ligne, ENT (Espace Numérique de Travail), mur virtuel, groupe de travail par courrier électronique ou messagerie instantanée, travail à plusieurs et à distance sur un document électronique, tablette pour remplacer les livres scolaires…

De la recherche documentaire (voir les pistes de bibliographie ci-dessous) que j’ai effectuée et de mes échanges avec des parents, enseignants ou chefs d’établissement, il ressort :

A) que le numérique à l’école permet :
• d’accompagner une pédagogie active
• de stimuler la créativité
• de faciliter la coopération entre les élèves
• d’alléger, en théorie, le poids des cartables

B) mais que :
● l’impact du numérique à l’école sur une éventuelle amélioration des connaissances reste toujours à prouver…
● on n’a pas encore fait mieux qu’un manuel papier pour travailler à la maison. Certains établissements ayant distribué des tablettes demandent quand même à leurs élèves d’utiliser des livres papier…
• les tablettes et les sites web utilisés permettent trop souvent à de grandes marques américaines de mettre un pied dans le monde de l’éducation et d'asseoir ainsi leur légitimité auprès des enfants
• les enfants, du coup, accordent une trop grande confiance aux contenus numériques, mettant leur esprit critique en veilleuse par rapport à ces supports

C) que le numérique à la maison, même utilisé dans un but scolaire :
● est très chronophage : le numérique offre une infinité de possibilités pour soigner la forme du travail à rendre, ce qui constitue un très bon alibi pour y consacrer beaucoup de temps, parfois au détriment du fond
● constitue une source de distraction : une fois achevé le travail demandé par les enseignants, il est tentant pour un enfant de rester sur l’écran pour papillonner sur le Web, visionner des vidéos…
● complique la tâche des parents qui doivent : 1 jongler entre plusieurs sources pour avoir une vue globale de tous les devoirs que doivent faire leurs enfants ; 2 gérer les écrans…

De plus en plus d’établissements me demandent donc d’intervenir auprès de leurs enseignants pour les aider à engager une réflexion sur l’utilisation du numérique en classe et à la maison (en plus de mes conférences auprès de leurs élèves pour les aider à comprendre les tentations que représentent les écrans et à apprendre à y résister ; et auprès des familles pour leur fournir des conseils pratiques sur la gestion des écrans).


Pistes bibliographiques :

• Coughlan S., 2014, « Tablet computers in “70% of schools” », BBC News, 3 décembre 2014.
• Montrieux H., Raes A., Schellens T., 2017, « ‘The best app is the teacher’ Introducingclassroom scripts in technology-enhanced education », Journal of Computer Assisted Learning, p. n/a-n/a.
• Soffer T., Yaron E., 2017, « Perceived Learning and Students’ Perceptions Toward UsingTablets for Learning: The Mediating Role of Perceived Engagement Among HighSchool Students », Journal of Educational Computing Research, p. 0735633117689892.
• Stacy S.T., Cartwright M., Arwood Z., Canfield J.P., Kloos H., 2017, « Addressing theMath-Practice Gap in Elementary School: Are Tablets a Feasible Tool forInformal Math Practice? », Frontiers in Psychology, 8.
• Thibert R., 2012, « Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0 », report, IFÉ - ENS de Lyon.





vendredi 13 juillet 2018

Interrogé hier soir sur France Info : « Un réseau social est-il un carnet intime comme un autre ? »

(photomontage)

J'ai été interrogé hier soir jeudi 12 juillet 2018 par Frédéric Carbonne sur France Info pour commenter la décision de la plus haute juridiction allemande. Le Tribunal constitutionnel fédéral  - la cour constitutionnelle allemande - a donné raison aux parents d'une adolescente décédée en 2012, écrasée par un métro : sa famille souhaitait avoir accès à l'intégralité de son compte Facebook et en particulier à ses échanges avec ses amis, afin de pouvoir éventuellement déterminer si sa mort dans le métro de Berlin était un accident ou un suicide. Facebook s'y était opposé, estimant que cela violerait le secret de la correspondance des autres utilisateurs qui échangeaient avec cette jeune fille.

Au cour de mon intervention sur France Info, j'ai rappelé que ce genre de demandes ne pouvaient, malheureusement, aller qu'augmentant. Au fur et à mesure que le nombre d'utilisateurs de Facebook croît, celui de ses abonnés qui décèdent chaque année progresse également. Selon l'OMC, 0,8% de la population mondiale meurt chaque année. Avec 2,2 milliards d'utilisateurs actuellement, Facebook voit donc, hélas, quelque 17,6 millions de ses utilisateurs mourir tous les douze mois. Les  28 000 salariés de Facebook doivent donc gérer de plus en plus de cas douloureux, essentiellement soit des demandes de suppression des comptes des personnes disparues, soit des demandes d'accès aux contenus de ces comptes. Sur de plus en plus de sites internet et de réseaux sociaux, il existe une procédure permettant de designer, de son vivant, un légataire qui pourra gérer votre compte à votre mort (voir, par exemple, la procédure à suivre sur Google ou Facebook).

Vous pouvez réécouter l'ensemble de mon intervention sur YouTube (je parle 1 minute et demi environ après le début de l'enregistrement) :


lundi 4 juin 2018

Le RGPD ne serait-il qu’une passoire ?

Vous vous croyiez, en tant qu’Européens protégés par le RGPD ? Vous pensez que ce fameux Règlement Général sur la Protection des Données, applicable depuis le 25 mai dernier, met vos données personnelles à l’abris de tout abus ?  Pas si simple : RGPD ou pas, les plateformes d’« ad exchange », qui servent d'intermédiaires entre les annonceurs et les sites ou les applications sur smartphone qui veulent vendre leur espace publicitaire, communiquent allègrement nos données aux annonceurs…





Connaissez-vous les plateformes d’« ad exchange » ? Non ? Vous devriez vous y intéresser car ces plateformes sont au cœur du marché de la publicité sur Internet : ces programmes informatiques de vente et d’achat d’espaces publicitaires sur Internet mettent en relation des acheteurs (agences de publicité, agences médias ou annonceurs directement) et des vendeurs (sites Web, réseaux ou régies publicitaires) : les espaces publicitaires sont mis aux enchères et vendus aux plus offrants. Mais les vendeurs ne mettent pas que leurs espaces publicitaires à la disposition des acheteurs : ils proposent aussi des informations sur les internautes qui pourront voir les publicités des acheteurs. C’est ainsi que nos données de géolocalisation peuvent se retrouver “en vente” sur ces plateformes (lire ci-dessous les explications d’Armand Heslot, expert à la CNIL, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés)
Résultat ? Nos données de géolocalisation se retrouvent entre des mains inconnues…  Le créateur d’une société spécialisée dans l'exploitation des données de géolocalisation à des fins statistiques et de marketing s’est récemment vanté dans un grand quotidien économique français de pouvoir « observer les trajets d'une personne via une publicité sur mobile, grâce aux accords passés avec certaines plates-formes. »


Comment cela est-il possible alors que le fameux RGPD (règlement général sur la protection des données) est applicable depuis le 25 mai 2018 ? En fait, ce règlement doit être encore accompagné de textes dits « spéciaux » qui vont préciser son application dans certains domaines spécifiques. C’est ainsi qu’une nouvelle directive « ePrivacy » va définir l’application du RGPD aux traitements réalisés dans le contexte des communications électroniques : elle va encadrer la collecte des données sur mobile et sur Internet.


Une première version de la directive ePrivacy existe depuis 2002 et a été modifiée en 2009. « Dans les faits, elle n’est pas appliquée », constate un spécialiste du sujet. Elle n’a été traduite et transcrite dans le droit français qu’en août 2011 et cette transcription laissait substituer de nombreuses zones d’ombre. De plus, la directive est en pleine réécriture au niveau européen ; la nouvelle version devrait entrer en vigueur au cours de l’année 2019. « Dans ce contexte, il est difficile d’appliquer une politique de contrôle », poursuit ce spécialiste.


Le futur texte ePrivacy devrait prévoir « comme principe le recueil du consentement des utilisateurs avant toute utilisation de traceur au sein des terminaux (téléphone, tablette, ordinateur, etc.). La notion de traceur s’entend ici au sens très large puisqu’il s’agit de toutes techniques permettant de suivre les utilisateurs : cookies, empreintes numériques (fingerprinting), pixels invisibles (web bugs) »… (Rapport d’activité 2017 de la CNIL, p. 31).


Autant dire qu’en coulisse les lobbyistes des grands groupes de communication électronique (Cisco, Facebook, Google, IBM, Microsoft, SAP, mais aussi l’IAB, l’Interactive Advertising Bureau, une organisation regroupant les principaux acteurs de la publicité en ligne…) s’activent auprès de la Commission Européenne pour que ce texte soit le moins contraignant possible…


En attendant, les plateformes d’« ad exchange » communiquent la nature de l’appareil que nous utilisons (marque et modèle, nom de l’éventuel opérateur de téléphonie mobile, dimension de l’écran…), notre géolocalisation, notre âge, notre sexe, notre adresse habituelle… Les entreprises peuvent ainsi poursuivre la “réification” de leur stratégie de pouvoir : faire de nous des objets, mesurables et manipulables à distance…


Jacques Henno


Armand Heslot (CNIL) : « Une application que vous avez installée sur votre smartphone peut transférer aux annonceurs vos données de géolocalisation »


Armand Heslot (service de l'expertise technologique de la CNIL)



Armand Heslot est ingénieur au service de l’expertise technologique de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés)

• Comment nos données de géolocalisation sont-elles partagées par les plateformes d’« ad exchange » ?
• Armand Heslot : La plupart des espaces publicitaires sur les mobiles ou le Web sont effectivement vendus aux enchères par l’intermédiaire de réseaux de commercialisation de publicités, appelés plateformes d’« ad exchange ». Les échanges d’informations ayant lieu au sein de ces plateformes sont régis par des spécifications techniques élaborées par l’Interactive Advertising Bureau, une organisation regroupant les principaux acteurs de la publicité en ligne. J’invite d’ailleurs tous vos lecteurs à consulter la spécification « open RTB » (pour « real-time bidding », enchère en temps réel) de l’IAB. Ils y verront quels formats sont utilisés et surtout quels types d’information sur leur géolocalisation peuvent être transmises : leurs coordonnées GPS, leur adresse IP ou une localisation qu’ils ont eux-mêmes communiquée à un site ou une application.
  • Quelles sont les conséquences pour l’utilisateur d’une application sur smartphone ?
  • Armand Heslot : Une application que vous avez installée sur votre smartphone peut transférer aux annonceurs qui lui achètent des espaces publicitaires vos données de géolocalisation très précises, obtenues par l’intermédiaire du GPS de votre téléphone. Si vous désactivez la géolocalisation sur votre mobile ou si vous ne donnez pas les autorisations d’accès à la géolocalisation à une application, celle-ci ne pourra plus accéder à vos coordonnées GPS, mais elle pourra utiliser d’autre moyens pour avoir une estimation de votre localisation comme votre adresse IP ou l’adresse physique que vous avez déclarée en vous inscrivant sur cette application…
  • Ces transferts d’informations de géolocalisation ne sont pas encadrés par la loi ?
• Armand Heslot : Si, la CNIL considère que la collecte de données de géolocalisation précises nécessite le consentement des personnes. Par ailleurs, la directive européenne  du 12 juillet 2002 sur la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques, appelée également directive « ePrivacy » encadre la collecte des données sur mobile et sur le web (Cette directive est en pleine réécriture au niveau européen et devrait être transformée en un règlement). Elle a été traduite et transcrite dans le droit français en août 2011, et a donné lieu à la recommandation du 5 décembre 2013, dans laquelle la CNIL a estimé que la collecte et le transfert de telles données devaient faire l’objet d’un consentement de la part des internautes. Ce que la CNIL constate au travers de ses contrôles, c’est que même si des mécanismes de demande d’autorisation des utilisateurs sont mis en place, l’information est trop souvent incomplète, ce qui rend le consentement des personnes non valable.


Propos recueillis par Jacques Henno



Les principaux acteurs de l’« ad exchange »

  • AppNexus
  • DoubleClick (Google/Alphabet…)
  • Oath (marque réunissant AOL, Yahoo!…)
  • OpenX
  • Rubicon Project Exchange
  • Smaato